Lanny, Max Porter

Lanny est un petit garçon à l’imagination débordante. Un petit garçon qui vit dans le monde des adultes, auprès de ses parents qui le savent différents mais très sociable. Son père, sans imagination aucune, se demande sans cesse si son fils est normal ; sa mère, bien que dévouée, laisse son fils libre de ses déplacements car, de toute manière, il n’est jamais là où l’on croit qu’il se trouve. Lanny côtoie également Pete, ou plutôt Pete le Dingue, un peintre à la réputation sulfureuse. Tous vivent dans un petit village, non loin de Londres. Un petit village qui appartient au présent et au passé, à ses habitants actuels mais également à ceux qui sont morts depuis longtemps. Un petit village qui appartient, aussi, au Père Lathrée Morte, une créature protéiforme issue du folklore local, qui veille sur le village et se repaît des paroles de chacun. Il écoute tout, sans cesse à l’affût des voix humaines, pourtant une seule se démarque parmi cette cacophonie : celle de Lanny.

« Papa ?

Quoi, Lanny ?

A ton avis, c’est quoi le plus patient, une idée ou un espoir ?

Soudain je suis profondément agacé. Il est trop grand pour ce genre de conneries. Ou trop petit. C’est n’importe quoi. »

Dans ce roman choral, les propos décousus s’enchaînent et dressent le portrait de Lanny. Le petit garçon, rêveur à souhait, est vu à travers les yeux de ceux qui l’aiment ou le côtoient : sa maman, son papa, Pete, le Père Lathrée Morte, mais aussi d’autres personnages plus ou moins bienveillants. Lanny est perçu comme un enfant tantôt extravagant, tantôt trop conscient pour son âge.

Lanny est un roman surprenant et protéiforme, un peu à l’image de la créature de légende qui hante le village. Le récit à également des allures de conte un peu barré, souvent poétique et indubitablement envoutant. S’il est assurément question d’enfance et d’imagination, Max Porter nous parle aussi de la société et de ses travers.

« Eh bien, je crois que notre corps pourrit et que notre âme va au paradis. Si on a été gentil.

Tu crois au paradis ?

Oui, plus ou moins. Oui.

Moi je pense comme Pete.

Ah bon, et qu’est-ce qu’il pense, Pete ?

Il pense que notre âme quitte notre corps et qu’elle erre pendant un moment et qu’elle voit les choses comme elles sont. Il pense que pour la première fois on voit comment tout marche vraiment, on voit qu’on est proches des plantes, que tout est connecté, et on finit par tout comprendre, mais ça dure seulement une seconde. On voit des formes et des motifs et tout est plus beau que le plus beaux des tableaux, et il y a tout à la fois, les maths, la science, la musique, les émotions, tout en même temps. Et après on se dissout et on devient de l’air. »

Lanny, Max Porter,
traduit de l’anglais par Charles Recoursé
Seuil (Littérature étrangère), 14 août 2019,
240 pages
20,00€

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