« Là où tombent les anges », Charlotte Bousquet

la-ou-tombent-les-anges-charlotte-bousquet_5416002-LSolange, dix-sept ans, court les bals parisiens en compagnie de Clémence et Lili. Naïve, la tête pleine de rêve, elle se laisse séduire par Robert Maximilien et accepte de l’épouser. Mais son prince est un tyran jaloux, qui ne la sort que pour l’exhiber lors de dîners mondains. Coincée entre Robert et Emma, sa vieille tante aigrie, Solange étouffe à petit feu. Heureusement Lili la délurée et la douce Clémence sont là pour la soutenir. Quand la première guerre mondiale éclate, Robert est envoyé sur le front. C’est l’occasion pour Solange de s’affranchir de la domination de son mari et de commencer enfin à vivre, dans une ville où les femmes s’organisent peu à peu sans les hommes…

Ornements

Solange, dix-sept ans, quitte Auvers-sur-Oise pour rejoindre Paris. Là-bas, elle court les bals en compagnie de Lili jusqu’à sa rencontre avec Robert Maximilien qu’elle accepte d’épouser. Au fil du temps, elle prend conscience que son mari est tellement jaloux qu’il l’étouffe. La jeune femme se sent d’autant plus prisonnière qu’elle vit sous le toit d’Emma, la vieille tante aigrie de Robert. Cependant, la Première Mondiale éclate et ce dernier est envoyé au front. Bien qu’il devienne de plus en plus jaloux, froid et violent, c’est l’occasion pour Solange de s’affranchir mais aussi de découvrir le passé et la personnalité d’Emma…

Ce roman est le tableau d’une époque : de la Belle Epoque aux Années Folles, avec un focus sur la Première Guerre mondiale. Charlotte Bousquet nous dépeint cette guerre à travers Solange, mais plus largement à travers les femmes de cette époque. Nous y découvrons leur condition mais aussi comment ces dernières s’organisent – notamment avec la fabrication de munitions – alors que les hommes ne sont plus là. Surtout, elle met l’accent sur la rupture qui se creuse entre les hommes et les femmes, confrontés à des tourments différents : aveuglés par leurs conditions de vie, les soldats ne se rendent pas comptes des difficultés et dangers auxquels sont confronter les femmes. En même temps, Charlotte Bousquet nous plonge dans des milieux très différents, de la simple ouvrière à l’aristocrate en passant par la petite bourgeoise, pour mieux montrer que la guerre touche l’ensemble de la population.

Ce roman est également une initiation au féminisme avec de magnifiques portraits de femmes. Lire la suite de « « Là où tombent les anges », Charlotte Bousquet »

La Dame du manoir de Wildfell Hall d’Anne Brontë

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L’arrivée de Mrs Helen Graham, la nouvelle locataire du manoir de Wildfell, bouleverse la vie de Gilbert Markham, jeune cultivateur. Qui est cette mystérieuse artiste, qui se dit veuve et vit seule avec son jeune fils ? Quel lourd secret cache-t-elle ? Sa venue alimente les rumeurs des villageois et ne laisse pas Gilbert insensible. Cependant, la famille de ce dernier désapprouve leur union et lui-même commence à douter de Mrs Graham… Quel drame s’obstine-t-elle à lui cacher ? Et pourquoi son voisin, Frederick Lawrence, veille-t-il si jalousement sur elle ?

Publié en 1848, La Dame du manoir de Wildfell analyse la place des femmes dans la société victorienne. Considéré comme l’un des tout premiers romans féministes, il entretient de nombreux liens avec Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë et s’inspire de la descente aux enfers, de l’alcoolisme et de la débauche de leur frère Branwell, mort entre leurs bras.

Editions : Archipoche  ♦ Date de parution : 5 septembre 2012 ♦ Nombre de page : 563 p. ♦ Prix : 6,60€

La Dame du manoir de Wildfell Hall, aussi connu sous le titre de La Recluse de Wildfell Hall ou de La locataire de Wildfell Hall, d’Anne Brontë est choquant pour l’époque de par son réalisme et son ton de vérité. Ce roman est fondé sur le spectacle de la déchéance de son frère, Branwell Brontë. En effet, cet unique fils d’abord plein de promesses et de talent, s’adonne à l’alcool et au laudanum ce qui donne matière à romans… Anne ne s’en prive pas, et est habitée par la conviction, héritée de son père et de son enseignement biblique, qu’un livre doit offrir une leçon morale exemplaire. Elle déclare ainsi : « si je puis attirer l’attention du public de quelque façon que ce soit, j’aime mieux lui chuchoter quelques saines vérités que d’innombrables fadaises ».

La Dame du manoir de Wildfell Hall raconte l’histoire d’une femme, Helen Huntington/Graham, qui quitte son mari abusif et débauché. Elle fuie, avec son fils, et doit subvenir à leurs besoins alors qu’ils s’installent secrètement dans le manoir de Wildfell Hall, dont une partie tombe en ruine. Elle compte mener une vie de discrétion, mais c’est sans compter sur les habitants qui l’entourent et qui rapidement commencent à raconter toutes sortes de choses sur cette femme qui vit seule et qui semble garder bien des secrets. Cependant, Gilbert Markham, un prospère éleveur, tombe sous le charme d’Helen et ne veux d’abord pas croire les ragots qui se propagent jusqu’à ce qu’il commence à douter…

Avec ce roman, Anne Brontë nous offre de multiples intrigues. Le récit se divise en deux parties, dont l’une, le journal intime d’Helen Graham, s’enchâsse dans l’autre sous la forme d’une lettre à un ami. Mr. Markham commence par confier son amour pour Helen Graham, véritable héroïne et scandale du roman, puis ses doutes et sa déception. Arrive ensuite le journal intime de la jeune femme et donc un changement de narrateur. Nous découvrons alors la vie d’une jeune épouse soumise et résignée qui continue d’abord de servir son mari avec douceur malgré ses mauvais traitements répétés. C’est donc pour protéger leur fils de l’influence néfaste d’un père alcoolique qu’elle finit par quitter le foyer conjugal, en violation de toutes les conventions sociales et de la loi anglaise, puisqu’à cette époque une femme n’est pas autorisée à quitter son mari…

Publié en juin 1848 sous le pseudonyme d’Acton Bell, La Dame du manoir de Wildfell Hall, est un best-seller qui fait scandale à cause de son réalisme et surtout de la rébellion d’Helen, celle-ci refusant à son mari l’accès à sa chambre à coucher avant de prendre la fuite avec leur enfant… Même Charlotte Brontë, à la mort de sa sœur, met le roman sous le boisseau car, bien trop timorée pour assumer l’héritage de sa sœur, elle ne peut accepter le réalisme, l’audace et la justesse de ce roman… Cependant, c’est sans doute le réalisme mêlé à la force et au courage d’Helen Graham qui nous fait apprécier le roman. Car c’est avec une plume de virtuose qu’Anne Brontë nous offre ce récit, assez tourmenté mais néanmoins quelque fois romantique.

Au final, Anne Brontë, dépeint avec brio la vie d’une femme mariée dans la société victorienne. L’intrigue est très moderne et on ne s’ennuie à aucun moment. Ce livre aurait même pu être un coup de cœur, malheureusement le côté pieu d’Helen Graham devient agaçant et lassant. Néanmoins, je garderai un très bon souvenir de ce roman et je vous le conseille vivement.