Le dernier bain, Gwenaële Robert

1793. « L’Ami du Peuple » dispose comme bon lui semble de la vie des « mauvais » citoyens français. Depuis sa baignoire, il fait tomber de nombreuses têtes de manière arbitraire. Dans ce contexte de délation, il est facile de mourir même pour Marat – bien qu’il ne sorte plus de chez lui – car certains « citoyens » souhaitent sa mort. Lire la suite de « Le dernier bain, Gwenaële Robert »

Maestra, L.S. Hilton

Judith Rashleigh est assistante dans un hôtel de ventes aux enchères à Londres. Malgré ses diplômes et ses efforts pour montrer ses capacités et sa motivation, Judith est exploitée et se retrouve bien souvent à faire le café. Quand elle croise le chemin d’une amie de jeunesse, elle entrevoit la possibilité d’arrondir ses fins de mois et de s’amuser. La nuit, elle commence alors à séduire les hommes dans un bar à hôtesses. Un jour, elle soupçonne une escroquerie autour d’une fausse toile de maître. Avant qu’elle n’ait pu creuser la question et mener son enquête, Judith se retrouve licenciée et décide de partir quelques jours avec un riche client. Là-bas, sur la Côte d’Azur, elle va montrer son côté sombre et commencer à fuir pour dissimuler son implication dans la mort de son client. C’est de cette façon qu’elle va se retrouver sur la piste de l’escroquerie… Lire la suite de « Maestra, L.S. Hilton »

Serre-moi fort, Claire Favan

Les parents de Nick sont détruits par la disparition de Lana, leur fille. Nick, leur fils, endosse le rôle de celui qui est resté. Il sait pertinemment que ses parents auraient préférés que ce soit lui qui disparaisse, plutôt que sa si parfaite soeur. Pourtant, durant deux ans, il prend la maison en main. Deux années durant lesquelles ses parents s’assomment à coups d’alcool et de médicaments. Deux années qui le laissent libre. Pourtant, un jour, ses parents sortent de leur torpeur et se lancent sur les traces de l’Origamiste, un tueur en série qui sévit depuis des années. Lire la suite de « Serre-moi fort, Claire Favan »

Coeur de lapin, Annette Wieners

Gesine s’occupe des fleurs dans un cimetière où il est aisé de se perdre. Un matin, elle arrive pour déposer les couronnes mortuaires destinées aux obsèques de sa propre soeur, Mareike. Mareike, dont le corps a été découvert sur la voie ferrée. Suicide ou meurtre, l’enquête n’est pas close. Gesine est rapidement suspectée car les jeunes femmes ne s’étaient pas vues, pas parlées depuis dix ans. Dix ans depuis que Phillip, le fils de Gesine, est décédé alors qu’il était sous la garde de Mareike. Si Mareike lui apparaît toujours comme responsable du drame, la mort mystérieuse de cette dernière fait remonter tout un tas de souvenirs… Lire la suite de « Coeur de lapin, Annette Wieners »

« Winter people » de Jennifer McMahon

winter-people-Mcmahon« Nous approchons de la fin de son septième jour, mais ma petite fille reste tapie dans la pénombre. Elle est là, puis disparaît sans prévenir.
J’ai pu constater qu’elle était très pâle, avec les yeux cernés et vêtue, comme ce matin ou elle est partie chercher son père, de sa robe bleue, de ses bas en laine et de son petit manteau noir. Ses cheveux sont emmêlés. Elle a les joues maculées de terre. Il émane d’elle une odeur de brûlé, celle d’une bougie qu’on vient de souffler. Elle fait peur à Shep. Il fixe parfois les ténèbres en grognant, les poils du cou hérissés.
Depuis que j’ai fini d’écrire notre histoire, je lui parle, lui fredonne des chansons, je fais tout pour l’inciter à se montrer. Tu te rappelles ? lui dis-je. Tu te rappelles ? »
Et si l’amour était vraiment plus fort que la mort ? Et si vous aviez la possibilité de ramener de l’au-delà l’être que vous aimez le plus au monde ?
Un suspense terrifiant pour un sujet grave. On ne peut pas lâcher l’histoire. On plonge dans l’effroi.

Editions : Robert Laffont   Traduit par : Jean-Baptiste Bernet  Date de parution : 5 février 2015 ♦ Nombre de pages : 432 pages ♦ Prix : 21,00€

En 1908, Sara et Martin perdent leur fille, Gertie, près de la Main au Diable. Sara, qui entretenait une relation fusionnelle avec sa fille se laisse submerger par son chagrin et son désespoir, avant de se rappeler de la femme qui l’a élevée : cette dernière lui a légué le secret pour réveiller un mort. Cependant, quelques semaines après le décès de Gertie, Sara et Martin sont retrouvés morts. L’histoire est aujourd’hui connue grâce au journal de Sara et tout porte à croire que Martin a tué sa femme. Néanmoins, les pages finales du journal sont manquantes…

De nos jours, Ruthie habite dans une ferme avec sa mère et sa sœur.  Un soir, elle se rend compte de la disparition de sa mère, Alice. Elle doit alors s’occuper de sa petite sœur, Fawn, et tenter de trouver des indices dans la maison pour retrouver leur mère. C’est ainsi qu’elles découvrent que la vieille ferme est truffée de cachettes, créées par Sara…

Winter People c’est une histoire qui nous est racontée de différentes manières, par plusieurs personnages, à plusieurs époques. C’est plusieurs récits qui finalement racontent la même chose, la même douleur, le même espoir car Winter People parle du deuil. Du deuil impossible et de ce que seraient capables de faire ceux qui restent pour passer quelques jours, quelques heures ou seulement quelques minutes avec la personne disparue.

Dès les premiers chapitres,  la curiosité du lecteur est réveillée. Qu’est-il arrivé à Alice ? Pourquoi Gertie est tombée dans le puits alors qu’elle connaissait la forêt ? Pourquoi Martin aurait tué Sara ? Les légendes qui entourent la Mains au Diable sont-elles vraies ? Quels sont donc ces cauchemars, comme des souvenirs d’une vie passée, que fait Ruthie ? Où sont passées les dernières pages du journal de Sara, celles où elle raconte ce qu’il s’est vraiment passé ?

Finalement, ce roman est prenant : nous allons de découverte en découverte, de surprise en surprise et Jennifer McMahon parvient à nous faire frissonner à plusieurs reprises. Entre les disparitions étranges et inexpliquées, les apparitions fantomatiques, les grattements et les placards, l’auteure ne nous épargne pas, d’autant plus qu’elle traite un sujet grave : la perte d’un être aimé. Un roman bien écrit, à découvrir !

« Il bouge encore » de Jennifer Murzeau

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« Trop de rituels. Vautré sur un banc, face aux murs d’une école, le coccyx malmené par la dureté du bois, les jambes écartées et le regard flou, Antoine les a énumérés. Puis il les a trouvés suspects. Trop nombreux, donc suspects. Il s’est dit qu’ils avaient lissé sa vie, qu’il avait laissé son existence s’aplatir sous leur poids. Ils ont décapité les reliefs, comblé les aspérités, ils lui ont fait une petite vie, ces rituels, toute petite et prévisible. Sans le fard du travail, elle lui est apparue, elle est venue le frapper au visage, sa vie, lui serrer la gorge. »

Par un matin ensoleillé, Antoine est licencié. Le choc est brutal. Son couple tangue, ses certitudes s’effondrent, son ego vacille. Mais à mesure qu’il se libère de ses habitudes, d’une consommation vengeresse et de l’agitation stérile qui l’avaient mû jusque-là, la vérité se fait jour.

Il bouge encore raconte cette odyssée sédentaire qui lui rend la vue.
Jennifer Murzeau analyse la dérive d’un homme et le naufrage d’un couple de façon crue et chirurgicale. Elle dresse le tableau d’une époque ou la réflexion et les questionnements sont des actes de résistance.

Editions : Robert Laffont  ♦ Date de parution : 21 août 2014 ♦ Nombre de page : 270 p. ♦ Prix : 18,50€

Avant tout, je remercie Vendredi Lecture et les éditions Robert Laffont pour l’envoi de ce roman qui, pour moi, est une réussite.

Le monde dépeint par Jennifer Murzeau, celui de l’entreprise, m’est totalement étranger : même si j’ai déjà travaillé, je suis encore étudiante. Et pourtant, ce livre m’a touché. Jennifer Murzeau nous montre l’incidence du travail dans notre vie et cela nous concerne tous. En même temps, l’auteur dissèque au scalpel, incise, autopsie un couple fondé sur de mauvaises raisons : les besoins d’ascension, de beaux appartements et de belles voitures, le désir d’un homme « successfull ». Au final, c’est un couple fondé sur de faux-semblants qui nous est présenté.

Ce tableau brut, cinglant mais intelligent, nous offre le portrait de notre époque et plus encore des êtres que nous sommes et du dictat ambiant de la performance sociale. L’entreprise y est dépeinte. En tout cas un certain genre d’entreprise : celle qui peut broyer ses salariés avec un seul mot. On ressent alors toute la honte que peut éprouver un Homme suite à son licenciement. On vit l’abattement, la peur du regard des autres, de ne pas réussir à boucler ses fins de mois et de ne pas retrouver du travail.

Jennifer Murzeau nous entraîne dans un gouffre, dans la terreur que l’on peut ressentir en se retrouvant sans travail. Cependant, pour le personnage principal, un jeune cadre dynamique, le licenciement engendre une prise de conscience ; prise de conscience de la superficialité de ses relations amicales, de sa relation amoureuse, de ses ambitions, mais aussi de la société de laquelle il évolue.

Antoine, une fois sorti de son été léthargique, évolue donc. Il se questionne et devient capable de prendre des décisions personnelles. Il se rend compte qu’il a longtemps été un bon petit soldat, qui ne se posait pas de question quant à la cruauté et à l’égoïsme avec lequel il atteignait les objectifs de l’entreprise. Il prend conscience que sa situation ne le satisfait pas autant qu’il le croyait. Mélanie, au contraire, reste bloquée sur son objectif, sur le mythe de son homme « successfull » et sur son désir d’enfant alors qu’Antoine souhaite encore attendre. Fatalement, Mélanie n’est plus satisfaite des aspirations d’Antoine…

L’auteur emploie des mots très durs, très cinglants. On lit les pensées d’Antoine, ses états d’âme mais ensuite c’est au tour de Mélanie de parler, de nous confier sa vision des choses. Les mots sont vraiment durs, blessants. On sent l’amour s’effriter (si amour il y a eu), la haine monter. La violence des échanges se mêle à la retenue du couple. Décidément, ils n’ont rien en commun.

On pourrait rire du côté caricatural des personnages, de l’entreprise telle qu’elle nous est présentée. Mais sont-ils vraiment des caricatures ?

En conclusion, pour moi ce roman est une réussite. Je ne comprends pas pourquoi on n’en entend pas plus parler. Ce livre n’est certes pas joyeux, mais il est un parfait tableau de notre société contemporaine et à tout d’un grand roman.