« Marie-Antoinette : carnet secret d’une reine » de Benjamin Lacombe

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Qui n’a jamais rêvé de s’immerger dans l’intimité de Marie-Antoinette, archiduchesse d’Autriche, dernière reine de France et de Navarre, femme célèbre et controversée devenue un véritable mythe ? Sous la forme d’une belle édition a la fabrication soignée, nous vous proposons de découvrir son journal intime. Porté par Benjamin Lacombe, accompagné par le regard de Cecile Berly, historienne, spécialiste de Marie-Antoinette, ce carnet d’une richesse graphique inouïe (peintures, aquarelles, crayonnes) mêlera certaines des lettres authentiques de Marie-Antoinette, à celles, fictives, du Comte Fersen avec lequel elle entretenait une relation privilégiée. Un livre exceptionnel pour les amateurs d’Histoire et de beaux ouvrages illustrés.

Editions : Soleil ♦ Collection : Métamorphose  Date de parution : 3 décembre 2014 ♦ Prix : 24,95 €

Et si Marie-Antoinette avait tenue un carnet secret ? Voilà ce qu’imagine Benjamin Lacombe dans son dernier album. Néanmoins, il est avant tout illustrateur alors si vous vous attendez à un concentré de connaissances sur Marie-Antoinette, passez votre chemin. Je ne dis pas que ce livre est mauvais, loin de là ! Cet ouvrage est merveilleusement historique d’autant plus que le travail de Benjamin Lacombe a été appuyé par l’historienne Cécile Berly. Cette dernière a d’ailleurs écrit la préface…

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Donc, Benjamin Lacombe nous entraîne dans l’intimité de Marie-Antoinette, dernière reine de France et de Navarre. L’album est parsemé d’écrits parfois réels, d’autrefois écrits de la main de Benjamin Lacombe et personnellement je trouve cela plutôt réussi. Le texte comporte de nombreuses ellipses, parfois même quelques invraisemblances, mais si nous connaissons la période historique traitée et Marie-Antoinette, nos connaissances viennent appuyer notre lecture et la compléter. Sinon, je pense que cet album peut être une parfaite introduction à cette partie de l’Histoire de France.

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Une fois de plus, Benjamin Lacombe nous offre des illustrations délicieuses. C’est un vrai plaisir pour les yeux ! D’ailleurs j’ai d’abord dévoré ses dessins, à plusieurs reprises, avant de me lancer dans ma lecture.

De plus, ce ne sont pas de banales illustrations car elles sont remplies de détails qui leurs donnent du sens. Par exemple, dans la coiffure de Marie-Antoinette, on remarquera un crâne et une serrure sans clé… Et puis, Benjamin Lacombe a su s’approprier les différentes facettes de Marie-Antoinette : parfois féminine et frivole, parfois sensible. Bref, les illustrations, magnifiques, se suffisent à elles-mêmes pour raconter l’histoire de cette Reine, d’autant plus qu’elles sont ponctuées d’une pointe d’humour noir, notamment vers la fin de l’ouvrage.

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Voilà, comme toujours je suis charmée par le travail de Benjamin Lacombe. Si vous hésitez encore à acheter cet ouvrage, je n’ai qu’une chose à dire : foncez !

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Attention ! Je ne placerai pas cet album au rayon jeunesse, que ce soit en librairie ou en médiathèque, car certaines illustrations font vraiment adultes. Ce n’est clairement pas de la littérature jeunesse, mais c’est plutôt un livre qu’on mettrait entre les mais d’un adulte voire d’un ado.

« Blanche Neige » de Jacob et Wilhelm Grimm illustrée par Benjamin Lacombe

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Editions : Milan jeunesse ♦ Date de parution : octobre 2010 ♦ Prix : 16,50€

Vous connaissez tous l’histoire de Blanche-Neige, cette jeune fille « à la peau blanche comme neige, aux lèvres aussi rouge que le sang et aux cheveux noirs d’ébène ». Jalouse de sa beauté, sa belle-mère cherche à l’assassiner afin d’être à nouveau « la plus belle dans tout le pays ». Cependant, Blanche Neige va parvenir à se réfugier chez les sept nains, où elle tentera d’échapper aux plans machiavéliques de la marâtre… blancheneige5

Benjamin Lacombe s’attaque ici à un classique du conte pour enfants, Blanche Neige, d’après la version de Jacob et Wilhelm Grimm. Si cette histoire est bien connue grâce à la version proposée par Walt Disney, qui occulte certains passages, l’œuvre originelle des frères Grimm l’est souvent bien moins. En effet, les écrits des frères Grimm sont beaucoup plus sombres que la version faite par Disney que ce soit dans leur premier long métrage (1937) ou dans le dernier (2001). On notera notamment la fin du conte, où la marâtre de Blanche Neige danse dans des souliers rougeoyants « jusqu’à s’écrouler, morte ». Bien que Benjamin Lacombe n’illustre pas cette scène, c’est bien grâce à ses dessins qu’il redonne l’atmosphère obscure et romantique qui imprègne les histoires des frères Grimm…

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J’adore ce conte et ce livre est une pièce magnifique ! Comme vous le savez sûrement je suis complètement sous le charme des illustrations de Benjamin Lacombe. Le fait que ce dernier reprenne la version des frères Grimm a terminé de me convaincre du talent de l’illustrateur. Eh oui, j’ai une nette préférence pour la « version originale » du conte, bien qu’elle soit plus glauque.

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De plus, on remarque très vite que Benjamin Lacombe joue au gré de ses illustrations avec les symboles dont regorge l’histoire. Par exemple, la belle mère de Blanche Neige, est représentée sous la forme d’un paon (illustration ci-dessus), animal qui use de la beauté de ses plumes pour attirer les femelles, voulant enfermer la jeune fille qui est bien plus belle qu’elle. On trouvera également d’autres symboles comme le corbeau, la colombe, le serpent, etc.

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Le texte est bordé d’illustrations souvent en pleine page. L’illustrateur utilise même la double page qui se laisse racontée malgré l’absence du texte. Enfin, on trouve quelques croquis, en noir et blanc, qui apporte une atmosphère différente.

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Voilà donc un conte, avec des illustrations qui font sens. Les couleurs utilisées sont parfaitement choisies ; je parle notamment du rouge, du blanc et du noir qui ramène à la symbolique du conte. Les dessins sont admirables et apportent un réel plaisir visuel. Ce livre est l’occasion de découvrir ou redécouvrir un classique, avec en prime de superbes illustrations…

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« Ondine » de Benjamin Lacombe

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Editions : Albin Michel Jeunesse  Date de parution : avril 2012  Nombres de pages : 40 p.  Prix : 19 €

 

Benjamin Lacombe revient avec le mythe d’Ondine à ses amours romantiques et pré-raphaélites. Inspiré par les textes de Friedrich de La Motte-Fouqué et la pièce de Jean Giraudoux, il propose sa version du conte, où prédominent des images très picturales faisant écho aux peintures de Millais ou Waterhouse. Par un savant jeu de calques imprimés, il fait émerger toute la sensualité et la transparence de cet univers aquatique.

Vibrant pour le beau chevalier Huldebrande, Ondine se noie dans les tumultes de l’amour, ses marivaudages et ses trahisons.

 

 

Mon avis :

Les « Ondines » sont des divinités aquatiques dans la mythologie germanique. Ce sont des nymphes où des naïades qui fréquentent donc rivières et fleuves, au contraire des sirènes et tritons que nous trouvons plutôt en mer. Avec cet album, Benjamin Lacombe réinterprète donc le mythe d’Ondine, inspiré par les textes de Friedrich de La Motte-Fouqué et par la pièce de Jean Giraudoux.

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L’histoire nous entraîne tout abord dans la « terrible Forêt-Noire ». Là-bas, un monde peuplé par les esprits des eaux, les ondins, dont la douce Ondine fait partie, nous attend. Recueillie par une famille de paysans pauvres, qui ont perdu leur fille, mais aimants, Ondine aspire à posséder une âme. Pour cela, un homme doit tomber amoureux d’elle.

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Un  soir, sous une pluie battante, le chevalier Hans de Ringstetten s’égare en pleine forêt avant de trouver refuge chez Ulrich et Eugénie, les parents adoptifs d’Ondine. Ondine est « d’une beauté si délicate » que le chevalier tombe sous son charme. Après s’être promis l’un à l’autre, Hans et Ondine scellent leur engagement. Bientôt, une nouvelle vie les attend dans le château de Ringstetten…

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J’adore le travail de Benjamin Lacombe, et cet album prouve une fois de plus son talent. L’histoire racontée est magnifique, tout comme les illustrations. Ses dessins sont d’une beauté renversante, à la fois doux et sombres. Grâce aux calques imprimés, Benjamin Lacombe nous plonge dans un univers aquatique et vaporeux, sensuel mais aussi inquiétant.

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Ce conte, à la fois fantastique et tragique, me donne envie de redécouvrir (et découvrir) les autres livres de Benjamin Lacombe. Une fois de plus, je suis charmée.

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