Nord et Sud, Elizabeth Gaskell

Margaret Hale, fille d’un pasteur du Sud de l’Angleterre, abandonne le presbytère familial lorsque son père décide de quitter l’Eglise d’Angleterre pour des raisons de conscience. Ce dernier emmène sa femme et sa fille dans la ville industrielle de Milton, ville industrielle du Nord, où il exercera en tant que professeur privé. Margaret est belle, intelligente et cultivée, mais aussi très fière. Elle doit s’adapter à sa nouvelle vie et découvre, avec horreur, le monde industriel dans toute sa brutalité et sa cruauté. Patrons et ouvriers s’affrontent, les grèves s’organisent, et la jeune femme prend le parti des ouvriers, parmi lesquels elle se fait des amis. Au contraire, Margaret méprise les patrons, la classe des nouveaux riches et leur manque de compassion et de générosité. Sa conscience sociale l’amène à s’opposer farouchement à John Thornton, patron des filatures locales. Pourtant, à travers les épreuves, la jeune femme va commencer à comprendre ce qui se joue et découvrir la grandeur d’âme de John Thornton. Lire la suite de « Nord et Sud, Elizabeth Gaskell »

La Dame du manoir de Wildfell Hall d’Anne Brontë

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L’arrivée de Mrs Helen Graham, la nouvelle locataire du manoir de Wildfell, bouleverse la vie de Gilbert Markham, jeune cultivateur. Qui est cette mystérieuse artiste, qui se dit veuve et vit seule avec son jeune fils ? Quel lourd secret cache-t-elle ? Sa venue alimente les rumeurs des villageois et ne laisse pas Gilbert insensible. Cependant, la famille de ce dernier désapprouve leur union et lui-même commence à douter de Mrs Graham… Quel drame s’obstine-t-elle à lui cacher ? Et pourquoi son voisin, Frederick Lawrence, veille-t-il si jalousement sur elle ?

Publié en 1848, La Dame du manoir de Wildfell analyse la place des femmes dans la société victorienne. Considéré comme l’un des tout premiers romans féministes, il entretient de nombreux liens avec Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë et s’inspire de la descente aux enfers, de l’alcoolisme et de la débauche de leur frère Branwell, mort entre leurs bras.

Editions : Archipoche  ♦ Date de parution : 5 septembre 2012 ♦ Nombre de page : 563 p. ♦ Prix : 6,60€

La Dame du manoir de Wildfell Hall, aussi connu sous le titre de La Recluse de Wildfell Hall ou de La locataire de Wildfell Hall, d’Anne Brontë est choquant pour l’époque de par son réalisme et son ton de vérité. Ce roman est fondé sur le spectacle de la déchéance de son frère, Branwell Brontë. En effet, cet unique fils d’abord plein de promesses et de talent, s’adonne à l’alcool et au laudanum ce qui donne matière à romans… Anne ne s’en prive pas, et est habitée par la conviction, héritée de son père et de son enseignement biblique, qu’un livre doit offrir une leçon morale exemplaire. Elle déclare ainsi : « si je puis attirer l’attention du public de quelque façon que ce soit, j’aime mieux lui chuchoter quelques saines vérités que d’innombrables fadaises ».

La Dame du manoir de Wildfell Hall raconte l’histoire d’une femme, Helen Huntington/Graham, qui quitte son mari abusif et débauché. Elle fuie, avec son fils, et doit subvenir à leurs besoins alors qu’ils s’installent secrètement dans le manoir de Wildfell Hall, dont une partie tombe en ruine. Elle compte mener une vie de discrétion, mais c’est sans compter sur les habitants qui l’entourent et qui rapidement commencent à raconter toutes sortes de choses sur cette femme qui vit seule et qui semble garder bien des secrets. Cependant, Gilbert Markham, un prospère éleveur, tombe sous le charme d’Helen et ne veux d’abord pas croire les ragots qui se propagent jusqu’à ce qu’il commence à douter…

Avec ce roman, Anne Brontë nous offre de multiples intrigues. Le récit se divise en deux parties, dont l’une, le journal intime d’Helen Graham, s’enchâsse dans l’autre sous la forme d’une lettre à un ami. Mr. Markham commence par confier son amour pour Helen Graham, véritable héroïne et scandale du roman, puis ses doutes et sa déception. Arrive ensuite le journal intime de la jeune femme et donc un changement de narrateur. Nous découvrons alors la vie d’une jeune épouse soumise et résignée qui continue d’abord de servir son mari avec douceur malgré ses mauvais traitements répétés. C’est donc pour protéger leur fils de l’influence néfaste d’un père alcoolique qu’elle finit par quitter le foyer conjugal, en violation de toutes les conventions sociales et de la loi anglaise, puisqu’à cette époque une femme n’est pas autorisée à quitter son mari…

Publié en juin 1848 sous le pseudonyme d’Acton Bell, La Dame du manoir de Wildfell Hall, est un best-seller qui fait scandale à cause de son réalisme et surtout de la rébellion d’Helen, celle-ci refusant à son mari l’accès à sa chambre à coucher avant de prendre la fuite avec leur enfant… Même Charlotte Brontë, à la mort de sa sœur, met le roman sous le boisseau car, bien trop timorée pour assumer l’héritage de sa sœur, elle ne peut accepter le réalisme, l’audace et la justesse de ce roman… Cependant, c’est sans doute le réalisme mêlé à la force et au courage d’Helen Graham qui nous fait apprécier le roman. Car c’est avec une plume de virtuose qu’Anne Brontë nous offre ce récit, assez tourmenté mais néanmoins quelque fois romantique.

Au final, Anne Brontë, dépeint avec brio la vie d’une femme mariée dans la société victorienne. L’intrigue est très moderne et on ne s’ennuie à aucun moment. Ce livre aurait même pu être un coup de cœur, malheureusement le côté pieu d’Helen Graham devient agaçant et lassant. Néanmoins, je garderai un très bon souvenir de ce roman et je vous le conseille vivement.

« Le Fantôme de Canterville » d’Oscar Wilde illustré par Barbara Brun

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Mr. Otis, riche ministre Américain, s’installe dans un vieux manoir en Angleterre, avec sa famille. Les anciens propriétaires prétendent qu’il est hanté par un dénommé Sir Simon. Les Américains n’en croient pas un mot et prennent possession des lieux sans se soucier de ce fantôme.

Pourtant, ce dernier est bien décidé à les terroriser et met tout en place pour leur faire peur. il a beau utiliser toutes les recettes classiques de l’épouvante, la famille s’en moque. Petit à petit la situation s’inverse et c’est le fantôme qui commence à être effrayé par cette étrange famille…

Editions : Marmaille et Compagnie  ♦ Date de parution : 8 août 2014 ♦ Nombre de page : 70 p. ♦ Prix : 20€

Le Fantôme de Canterville (The Canterville Ghost), est une nouvelle d’Oscar Wilde publiée en 1887. Depuis, elle a été maintes fois rééditée et adaptée. Ici, nous avons une version intégrale illustrée par Barbara Brun, ce qui donne un peu de piment au texte et permet d’initier les enfants à la littérature fantastique ou tout simplement à un classique de la littérature anglaise…

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Lorsque M. Otis, le ministre d’Amérique, acquiert Canterville-Chase, « tout le monde lui dit qu’il faisait là une très grands sottise car on ne doutait aucunement que la maison fût hanté… » Pourtant, il prend « l’ameublement et le fantôme sur inventaire » et quelques semaines plus tard le voilà installé avec sa famille.

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Après quelques crissements de chaînes et hurlements à vous glacer le sang, il faut se rendre à l’évidence : le lieu est bel et bien hanté par un fantôme de plus de trois siècles qui a rendu fous de terreurs plusieurs générations. Mais c’est sans compter sur la famille du ministre qui est bien décidée à ne pas se laisser terroriser…

Cette nouvelle étrange, frissonnante, mais portant drôle, nous embarque dans une histoire à rendre fou le plus coriace des fantômes. Le tout est ponctué d’illustrations absolument sublimes qui ne peuvent que plaire aux petits comme aux grands. Ce qui fait s’ajoute à la qualité de l’album ce sont les illustrations aux couleurs chaudes en pleine page et même en doubles page.

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Enfin, en allant jusqu’aux dernières pages de cet ouvrage, on découvre les « Archives de Canterville » avec « les coulisses dans le carnet de Barbara Brun » mais aussi quelques publicités qui pourraient s’avérer bien utiles si, vous aussi, vous avez des chaînes à graisser…

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Un album à lire et à regarder afin de (re)découvrir cette nouvelle signée de la plume d’Oscar Wilde !

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« Sanditon » de Jane Austen, achevé par Marie Dobbs

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En ce début du XIXe siècle où la bonne société anglaise découvre les bienfaits des bains de mer, les Parker se sont mis en tête de faire de la paisible bourgade de Sanditon une station balnéaire à la mode. Invitée dans leur magnifique villa, la jeune Charlotte Heywood va découvrir un monde où, en dépit des apparences « très comme il faut », se déchaînent les intrigues et les passions. Autour de la tyrannique lady Denham et de sa pupille Clara gravitent les demoiselles Beaufort, le ténébreux Henry Brudenall et l’étincelant Sidney Parker, peut-être le véritable meneur de jeu d’une folle ronde des sentiments. Observatrice avisée, Charlotte saura-t-elle demeurer spectatrice ? Le cœur ne va-t-il pas bouleverser les plans de la raison ? À sa mort en 1817, Jane Austen laissait cette œuvre inachevée. Une romancière d’aujourd’hui a relevé le défi de lui donner un prolongement. Un exercice mené à bien dans la plus remarquable fidélité, avec autant de tact que de brio.

Editions : Lgf  ♦ Date de parution : 7 novembre 2012 ♦ Nombre de page : 402 p. ♦ Prix : 7,10€

Je ne vais pas me lancer dans un débat sur le droit d’achever l’oeuvre d’une autre ou non. Le sujet est assez délicat et chacun a son opinion sur le sujet. Néanmoins, lorsque nous savons que l’œuvre n’a pas été achevée par l’auteure, il est légitime d’avoir quelques a priori, ce qui a été mon cas. De plus, même si Orgueil et Préjugés fut pour moi un coup de cœur, c’est loin d’être le cas de Raison et Sentiments que j’ai aimé mais sans plus. J’avais trouvé que le roman comportait quelques longueurs et au final il m’avait déçu. De ce fait, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre avec ce livre mais… je n’ai clairement pas été déçue par ce récit !

Jane Austen a débuté l’écriture de Sanditon en 1817, alors qu’elle était très malade et n’a malheureusement pas pu achever son œuvre. Ce n’est que récemment qu’une dénommée Marie Dobbs, (« l’autre Dame » ayant achevée cette œuvre) a fait montre d’un talent hors pour pair écrire cette suite en se basant sur une recherche poussée et un sens du détail vraiment surprenant. Pour preuve, si ma curiosité presque maladive ne m’avait pas fait lire les « quelques mots de justification à propos de l’achèvement du livre » (ce que je vous déconseille de faire), je ne pense pas que j’aurai remarqué la différence entre la plume de Jane Austen et celle de Marie Dobbs. Il y a bien quelques termes ou tournures de phrases qui m’ont interpellés de par leur modernité mais de là à dire que c’est à telle page que Marie Dobbs a pris le relais… non, vraiment, je n’aurais pas su dire où s’achevait exactement le texte de Jane Austen.

L’histoire débute avec la famille Heywood qui habite à Willingden. Suite à un accident de voiture, elle fait connaissance avec la famille Parker, puisque blessé à la cheville, Mr Parker a besoin de soins et de repos. Lui est sa femme sont alors accueillis chez les Heywood et, au moment de partir, Mr Parker propose un séjour à Sanditon, station balnéaire (fictive) où viennent se soigner les gens malades, en échange de leur hospitalité. Une de leur fille, Charlotte,  accepte et y séjourne quelques-temps. C’est là-bas qu’elle va faire des rencontres surprenantes…

Charlotte, personnage principal et héroïne, m’a vraiment plu. Elle observe et se fait des idées préconçues sur les gens qui l’entourent qui se révèlent parfois exactes et parfois bien loin de la réalité. Cependant, elle est intelligente, simple, et pleine de bon sens, quant la plupart des personnages sont bourrés de défauts. Ils sont alors peints d’une manière assez exagérée, ce qui rend certains personnages insupportables mais qui apporte un côté drôle à la lecture. Jane Austen dépeint cette société avec beaucoup d’ironie. C’est une société qui est finalement très artificielle, comme le montre Mr Parker qui souhaite moderniser et développer Sanditon en y construisant des hôtels et des villas. Jane Austen avait de l’humour, c’est certain, et Marie Dobbs a su continuer dans ce sens !

J’ai également grandement apprécié Sidney, un des frères de Mr Parker. Il est intelligent bien qu’il semble très manipulateur. A partir du moment où il se fait présent dans le roman, il manipule tout le monde afin d’arranger les choses comme elles lui plaisent. Avec lui, je ne savais pas sur quel pied danser, mais, vers la fin, on découvre son but réel. D’ailleurs, je ne m’attendais pas à cela…

Il y a bien d’autres personnages, dont Sir Edward qui n’est pas sans rappeler Mr Darcy dans Orgueil et Préjugés. Néanmoins, au fil des pages sont comportement hautain, orgueilleux et prétentieux a surpassé, et de loin, celui de Mr. Darcy. Il devient insupportable, exécrable même !

En ce qui me concerne, je suis véritablement bluffée et charmée par la suite du roman. Il y a le ton, l’esprit, l’humour… Bref, Marie Dobbs a su réunir les ingrédients qui font le style de Jane Austen bien qu’il manque un petit quelque chose. Nous avons envie d’être à Sanditon, d’être amie avec tous ces personnages, d’être Charlotte et d’avoir un Sidney. Sidney est d’ailleurs devenu l’un des mes héros austeniens préférés, avec Mr Darcy.

En tant que lecteur de Jane Austen, on sent à quel point le travail de Marie Dobbs a été difficile. Et pourtant, elle est parvenue à terminer ce roman avec finesse. Le style de Jane Austen et de Marie Dobbs est très homogène, ce qui fait de ce roman une très belle réussite ! La lecture est plaisante, le style léger et en prime on a droit à une belle histoire d’amour ; histoire d’amour à laquelle on s’attend mais qui ne gâche rien au plaisir. La suite de l’intrigue n’est peut-être pas ce qu’avait prévu Jane Austen, mais cela correspond bien au reste de son œuvre, bien qu’elle soit quelque peu tiré par les cheveux pour l’époque. Évidemment, il y a des petits éléments par-ci, par-là, des termes ou des phrases qui nous font lever les sourcils de temps et temps.

Je conclurais simplement en disant que pour moi ce livre est un véritable coup de cœur malgré les quelques éléments qui m’ont fais froncer les sourcils. J’aimerai encore être plongée de ce récit, suivre les personnages. J’ai même failli recommencer le livre à peine terminé !