Le dernier bain, Gwenaële Robert

1793. « L’Ami du Peuple » dispose comme bon lui semble de la vie des « mauvais » citoyens français. Depuis sa baignoire, il fait tomber de nombreuses têtes de manière arbitraire. Dans ce contexte de délation, il est facile de mourir même pour Marat – bien qu’il ne sorte plus de chez lui – car certains « citoyens » souhaitent sa mort. Lire la suite de « Le dernier bain, Gwenaële Robert »

La vie secrète d’Elena Faber, Jillian Cantor

Autriche, 1938. Alors que la répression des Juifs s’intensifie et que la seconde Guerre Mondiale est sur le point d’éclater, Kristoff est apprenti chez un maître graveur. Très vite, il tombe sous le charme d’Elena, aînée du créateur de timbre, et s’engage dans la résistance autrichienne. Lire la suite de « La vie secrète d’Elena Faber, Jillian Cantor »

La soeur du Roi, Alexandra de Broca

Le plus terrible lorsque nous commençons ce roman, c’est que nous en connaissons la fin : Elisabeth, soeur de Louis XVI, sera guillotinée le 10 mai 1794. Pourtant, nous prenons un réel plaisir à découvrir ce qu’Alexandra de Brocas a à nous confier sur la vie de la Dauphine. Lire la suite de « La soeur du Roi, Alexandra de Broca »

La salle de bal, Anna Hope

Bien que les hommes et les femmes vivent séparément, Ella et John se rencontrent dans l’asile psychiatrique de Sharston. Brimades, violences et travaillent sont le quotidien de ces deux personnages internés contre leur gré. Pourtant, chaque vendredi, ils peuvent se retrouver dans la salle de bal et danser ensemble. Mais c’est sans compter l’ambition du docteur Fuller, ambition qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour Ella et John.

La salle de bal, récit aussi sombre que tragique, nous parle de la réalité des asiles du XXème siècle mais aussi du désir de liberté. L’amour qui naît entre Ella et John apporte un peu de douceur au quotidien brutal qu’ils connaissent.

Un roman mené avec brio par la plume sensible et documentée d’Anna Hope, cependant l’histoire est trop prévisible.

Présentation de l’éditeur

Belgravia, Julian Fellowes

Le 15 juin 1815, la famille Trenchard ainsi que les grands noms de la société anglaise participent au bal organisé par la duchesse de Richmond. A ce moment, nous sommes à la vieille de la bataille de Waterloo. Personne ne se doute que cette réception va devenir tristement légendaire, car, quelques heures plus tard, la plupart des officiers présents au bal périront sur le champ de bataille. Cette nuit va bouleverser de nombreuses vies, notamment celle de Sophia Trenchard qui était parvenue à obtenir trois invitations afin d’être auprès d’Edmund, futur comte de Bellasis. Mais Sophia et sa famille ne font pas parti de la haute société : James Trenchard n’est qu’un simple commerçant qui a su développer son affaire. Vingt-cinq ans plus tard, la famille de Sophia a fait fortune et s’est installée dans le nouveau quartier de Belgravia. Alors que chacun pense avoir laissé derrière lui les terribles évènements de 1815, le passé va ressurgir. Les secrets, jusqu’alors bien gardés, vont éclater petit à petit et bouleverser une seconde fois le quotidien de la famille Trenchard… Lire la suite de « Belgravia, Julian Fellowes »

A l’orée du verger, Tracy Chevalier

James Goodenough et sa famille sont partis vivre dans l’Ohio afin d’y trouver des terres. Là, dans la boue du Black Swamp, ce père de famille passionné par les pommiers, espère développer son verger. Lui, souhaite cultiver davantage de pommes de table. Sa femme, Sadie, veut des pommes à cidre dont elle attend de l’eau-de-vie. En plus de leurs incessantes disputes, James et Sadie doivent faire face, chaque année, à la mort d’un autre enfant, emporté par la fièvre. Les enfants qui se remettent de la fièvre, se voient dans l’obligation de vivre dans l’ombre leurs défunts frères et soeurs, car leur mère, rarement sobre, préfère parler aux disparus plutôt que s’occuper convenablement des survivants. C’est isolement et dans cette atmosphère oppressante que grandissent Robert, Martha et les autres enfants de James et Sadie. Quinze ans plus tard, bien des années après le drame, nous découvrons Robert. Le jeune homme partit tenter sa chance dans l’Ouest. Tantôt garçon de ferme, mineur ou orpailleur, il finira par renouer avec sa passion des arbres en prélevant des pousses de séquoias géants pour un exportateur anglais. De son côté, Martha souhaite retrouver son frère perdu et n’hésite pas à traverser l’Amérique… Lire la suite de « A l’orée du verger, Tracy Chevalier »

Les Suffragettes, réalisé par Sarah Gavron

Les SuffragettesAngleterre, début du siècle dernier. Maud est une jeune femme mariée et mère d’un petit George. En ce début du XXème siècle, elle travaille durement dans une blanchisserie, comme de nombreuses femmes. Les conditions de travail sont difficiles et dangereuses, le salaire des femmes est moins élevé que celui des hommes alors qu’elles travaillent plus, le patron a des mains très baladeuses, etc. Maud, très timide, a conscience de sa condition, de la condition des femmes. Un jour, l’une de ses collègues lui propose de venir écouter son témoignage au Parlement afin de défendre le droit de vote des femmes. Très effacée et indécise, Maud finit par être impliquer dans ce combat et décide de se battre pour obtenir le droit de vote… Lire la suite de « Les Suffragettes, réalisé par Sarah Gavron »

Mémoires de jeunesse, réalisé par James Kent

580249Les parents de Vera Brittain, particulièrement conservateurs, ne souhaitent rien d’autre qu’elle se marie, comme toute femme de l’époque. Cependant, la jeune femme est catégorique : elle ne souhaite pas se marier et elle est déterminée à intégrer les bancs d’Oxford. Edward, son frère, ainsi que Roland Leighton, un ami dont elle s’éprend, la soutiennent et son frère propose même de partager sa bourse avec elle. Mais tout cela se passe au début du XXème siècle, en 1914, et bientôt la guerre éclate. Quand l’Angleterre entre en guerre, les jeunes hommes, insouciants, s’engagent en croyant que le conflit ne durera pas. Vera, quant à elle, renonce à ses ambitions pour devenir infirmière et se rapproche du front… Lire la suite de « Mémoires de jeunesse, réalisé par James Kent »

« Miniaturiste » de Jessie Burton

product_9782070144228_195x320Nella Oortman n’a que dix-huit ans ce jour d’automne 1686 où elle quitte son petit village pour rejoindre à Amsterdam son mari, Johannes Brandt. Homme d’âge mûr, il est l’un des marchands les plus en vue de la ville. Il vit dans une opulente demeure au bord du canal, entouré de ses serviteurs et de sa sœur, Marin, une femme restée célibataire qui accueille Nella avec une extrême froideur. En guise de cadeau de mariage, Johannes offre à son épouse une maison de poupée, représentant leur propre intérieur, que la jeune fille entreprend d’animer grâce aux talents d’un miniaturiste. Les fascinantes créations de l’artisan permettent à Nella de lever peu à peu le voile sur les mystères de la maison des Brandt, faisant tomber les masques de ceux qui l’habitent et mettant au jour de dangereux secrets.
S’inspirant d’une maison de poupée d’époque exposée au Rijksmuseum d’Amsterdam, Jessie Burton livre ici un premier roman qui restitue avec précision l’ambiance de la ville à la fin du XVIIesiècle. Au sein de ce monde hostile, où le pouvoir des guildes le dispute à l’intransigeance religieuse et à la rigueur morale, la jeune Nella apparaît comme une figure féminine résolument moderne. Œuvre richement documentée et conte fantastique, Miniaturiste est un récit haletant et puissant sur la force du destin et la capacité de chacun à déterminer sa propre existence.

Editions : Gallimard  ♦ Collection : Du monde entier ♦ Traduit par : Dominique Letellier  Date de parution : 26 mars 2015 ♦ Nombre de pages : 512 pages ♦ Prix : 22,90€

Petronella Oortman (dite Nella)  quitte Assendelft, sa ville natale, pour emménager chez son mari, un certain Johannes Brandt, qui ne prend même pas la peine de l’accueillir. Elle découvre alors une riche famille hollandaise, habitant le beau quartier du Herengracht d’Amsterdam, au temps du « siècle d’Or ».

Dans cette maisonnée, elle va devoir faire face à l’hostilité de ses habitants et aux absences répétitives de son mari. Alors qu’elle s’ennuie dans sa nouvelle demeure et que son mariage est une amère déception, Johannes lui offre un curieux cadeau de mariage : une maison de poupées qui reproduit à l’identique leur propre intérieur. La jeune femme décide alors de meubler cette maison en contactant un miniaturiste qui, très rapidement, ne se contente plus de lui faire livrer les objets demandés. Qui est cette personne ? Pourquoi semble-t-il connaître les moindres secrets de la famille Brandt ?

Peu à peu, Nella va alors découvrir les mystères qui entourent sa nouvelle famille, l’hypocrisie masquée sous la rigueur religieuse et morale, pour finalement parvenir à se découvrir et à s’affirmer.

Il aura fallu quatre ans de travail à Jessie Burton pour parvenir à ce résultat, quatre ans de documentation sur l’époque. Son livre s’en ressent : c’est un premier roman tout à fait remarquable grâce à la plume de l’auteur, à la complexité des sentiments et de l’histoire, mais aussi grâce à la restitution minutieuse d’Amsterdam et de ses moeurs. Un roman à lire absolument !

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Maison miniature de Petronella Oortman au Rijksmuseum (Amsterdam)

« La dernière fugitive » de Tracy Chevalier

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Quand Honor Bright se décide à franchir l’Atlantique pour accompagner, au coeur de l’Ohio, sa soeur promise à un Anglais récemment émigré, elle pense pouvoir recréer auprès d’une nouvelle communauté le calme de son existence de jeune quaker : broderie, prière, silence. Mais l’Amérique de 1850 est aussi périlleuse qu’enchanteresse ; soumise pour quinze ans encore à l’effroyable régime de l’esclavage, traversée de toutes sortes d’épidémies, torturée par une nature capricieuse, rien dans cette terre ne résonne pour elle d’un écho familier. Sa soeur emportée par la fièvre jaune à peine le pied posé sur le sol américain, Honor se retrouve seule sur les routes accidentées du Nouveau-Monde. Seule, aussi, pour se frayer une nouvelle vie. Très vite, elle fait la connaissance de personnages hauts en couleur, dont son expérience de jeune fille pieuse ne lui aurait jamais laissé soupçonner l’existence.

Parmi eux, Donovan, le «chasseur d’esclaves», cet homme brutal et sans scrupules qui, pourtant, ébranle les plus profonds de ses sentiments. Mais Honor préfère se méfier des voies divergentes. En épousant un jeune fermier quaker, elle croit avoir fait un choix raisonnable. Jusqu’au jour où elle découvre que l’Ohio est traversé d’un «chemin de fer clandestin», réseau de routes secrètes tracées par les esclaves pour rejoindre les terres libres du Canada. Honor embrasse alors la cause des Noirs américains, et se jette dans une lutte subversive pour l’émancipation – la sienne, par-dessus tout – à l’issue de laquelle elle a autant à perdre qu’à gagner.

Editions : Table ronde ♦ Collection : Quai Voltaire ♦ Date de parution : 17 octobre 2013 ♦ Nombres de pages : 384 p. ♦ Prix : 22 €

Depuis La Jeune Fille à la perle – paru en France en 2000 -, on connaît le talent de Tracy Chevalier à brosser de singuliers portraits de femmes. Ici, il s’agit d’une jeune quaker, Honor Bright, fraîchement débarquée en Amérique de son Angleterre natale.

Abandonnée par son fiancé Honor Bright est bien décidé à suivre sa sœur, promise à un Ami, dans sa traverser de l’Atlantique. Malheureusement tout ne se passe pas comme prévu : la sœur meurt de la fièvre jaune sitôt arrivée, et Honor devra affronter seule la brutalité d’un pays qui n’est pas le sien et qui n’a pas aboli l’esclavage…

En débarquant dans l’Ohio, Honor Bright va découvrir le quotidien presque paisible d’une communauté Quaker. Habituée à cette existence des plus modestes et quelque peu austère, la jeune femme va pourtant découvrir un pays et des mœurs bien différents des siens… Et, ce qui lui sera le plus douloureux, outre le fait d’arriver dans une famille qui s’attendait à accueillir sa soeur, c’est sa prise de conscience de la douloureuse question de l’esclavage américain. C’est d’ailleurs cela qui va bouleverser son destin… car il est bien question de l’historique du fameux « Underground Railroad » (Chemin de fer clandestin), qui permit aux abolitionnistes américains d’aider les esclaves noirs en fuite à se réfugier au Canada.

Dans ce roman, Tracy Chevalier nous fait découvrir l’univers de la communauté quaker (ou Société religieuse des Amis) qui est un mouvement né dans le sillage de la Réforme en 1652. Elle nous parle de l’intransigeance des protestants quakers, du silence qui fonde ce culte mais aussi de la confection des quilts, ces formidables patchworks où excellent de génération en génération les Anglo-Saxonnes.

Mêlant correspondance et tranches de vies, la psychologie de ce roman ouvre à la réflexion, en nous replaçant dans un contexte social passé mais aussi dans une communauté, celle des Quakers, que nous connaissons peu voire pas du tout. Des travaux de la ferme en passant la confection des chapeaux et des quilts, nous suivons Honor Bright, jeune femme timide qui se révèle intrépide lorsqu’elle se met à défier les interdits que lui impose ses valeurs morales et sa foi. Son mystérieux cheminement intérieur nous fascine et nous entraine jusqu’à ce que cette héroïne ne redoute plus rien, même l’exclusion de sa communauté.

C’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu ce roman dans lequel Tracy Chevalier mêle Histoire et destins individuels. Entre réalité historique, personnages attachants et souci du détail vrai, Tracy Chevalier excelle dans ses romans où elle met en scène des femmes fortes, courageuses et déterminées.