« Miniaturiste » de Jessie Burton

product_9782070144228_195x320Nella Oortman n’a que dix-huit ans ce jour d’automne 1686 où elle quitte son petit village pour rejoindre à Amsterdam son mari, Johannes Brandt. Homme d’âge mûr, il est l’un des marchands les plus en vue de la ville. Il vit dans une opulente demeure au bord du canal, entouré de ses serviteurs et de sa sœur, Marin, une femme restée célibataire qui accueille Nella avec une extrême froideur. En guise de cadeau de mariage, Johannes offre à son épouse une maison de poupée, représentant leur propre intérieur, que la jeune fille entreprend d’animer grâce aux talents d’un miniaturiste. Les fascinantes créations de l’artisan permettent à Nella de lever peu à peu le voile sur les mystères de la maison des Brandt, faisant tomber les masques de ceux qui l’habitent et mettant au jour de dangereux secrets.
S’inspirant d’une maison de poupée d’époque exposée au Rijksmuseum d’Amsterdam, Jessie Burton livre ici un premier roman qui restitue avec précision l’ambiance de la ville à la fin du XVIIesiècle. Au sein de ce monde hostile, où le pouvoir des guildes le dispute à l’intransigeance religieuse et à la rigueur morale, la jeune Nella apparaît comme une figure féminine résolument moderne. Œuvre richement documentée et conte fantastique, Miniaturiste est un récit haletant et puissant sur la force du destin et la capacité de chacun à déterminer sa propre existence.

Editions : Gallimard  ♦ Collection : Du monde entier ♦ Traduit par : Dominique Letellier  Date de parution : 26 mars 2015 ♦ Nombre de pages : 512 pages ♦ Prix : 22,90€

Petronella Oortman (dite Nella)  quitte Assendelft, sa ville natale, pour emménager chez son mari, un certain Johannes Brandt, qui ne prend même pas la peine de l’accueillir. Elle découvre alors une riche famille hollandaise, habitant le beau quartier du Herengracht d’Amsterdam, au temps du « siècle d’Or ».

Dans cette maisonnée, elle va devoir faire face à l’hostilité de ses habitants et aux absences répétitives de son mari. Alors qu’elle s’ennuie dans sa nouvelle demeure et que son mariage est une amère déception, Johannes lui offre un curieux cadeau de mariage : une maison de poupées qui reproduit à l’identique leur propre intérieur. La jeune femme décide alors de meubler cette maison en contactant un miniaturiste qui, très rapidement, ne se contente plus de lui faire livrer les objets demandés. Qui est cette personne ? Pourquoi semble-t-il connaître les moindres secrets de la famille Brandt ?

Peu à peu, Nella va alors découvrir les mystères qui entourent sa nouvelle famille, l’hypocrisie masquée sous la rigueur religieuse et morale, pour finalement parvenir à se découvrir et à s’affirmer.

Il aura fallu quatre ans de travail à Jessie Burton pour parvenir à ce résultat, quatre ans de documentation sur l’époque. Son livre s’en ressent : c’est un premier roman tout à fait remarquable grâce à la plume de l’auteur, à la complexité des sentiments et de l’histoire, mais aussi grâce à la restitution minutieuse d’Amsterdam et de ses moeurs. Un roman à lire absolument !

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Maison miniature de Petronella Oortman au Rijksmuseum (Amsterdam)

« A la vie, à la mort » de Colette McBeth

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Meilleures amies depuis l’adolescence, Rachel et Clara se sont promis qu’elles le resteraient à vie. Une dizaine d’années plus tard, elles sont toujours proches mais les liens qui les unissaient se sont distendus.

Rachel poursuit une brillante carrière à la télévision et mène une vie stable avec son compagnon ; Clara, elle, peine à trouver son équilibre et se fait plus distante.Quand Rachel doit couvrir la disparition d’une jeune femme, elle découvre avec stupeur qu’il s’agit de Clara. La journaliste se lance à sa recherche, au risque d’exhumer les secrets du passé.

Un thriller psychologique glaçant qui explore les relations brûlantes de fascination et de haine entre amies.

Editions : Les Escales ♦ Collection : Noires ♦ Traducteur : Anath Riveline ♦ Date de parution : 22 janvier 2015 ♦ Pages : 336 pages ♦ Prix : 20,90€

Alors que Rachel mène une vie stable et poursuit une brillante carrière à la télévision, elle apprend qu’elle doit enquêter sur une disparition. Cependant, elle est loin de se douter qu’il est question de Clara, la meilleure amie de Rachel. Ce jour-là, tout son monde s’écroule…

Avant toute chose, il faut parler de la forme du roman, car ce n’est pas un simple thriller écrit à la première personne. Il s’agit en fait d’une longue lettre écrite par Rachel pour Clara dans laquelle elle lui relate les événements, depuis son arrivée à la conférence de presse annonçant sa disparition, jusqu’au dénouement. Comme Rachel, nous ne savons pas où est la jeune femme : a-t-elle été enlevée ? Est-elle vivante ? Nous nous posons de nombreuses questions quant à cette soudaine disparition, mais peu à peu, tout s’éclaire pour notre narratrice qui raconte comment elle vit cette situation et quelles sont les avancées de l’enquête. En même temps, elle ponctue son récit de souvenirs qui nous font découvrir qui est Clara mais aussi l’étroite relation qui relie les deux jeunes femmes…

Même si on rentre tout de suite dans le vif du sujet, le début peut paraître un peu lent : on tourne en rond, on ne comprend pas, Rachel ne comprend pas, il n’y a pas vraiment d’indice, pas de témoin, etc. Et on ne sait pas grand-chose de la relation entre les deux jeunes femmes si ce n’est que Rachel semble se reposer pleinement sur Clara. Cependant, au fil des pages, les indices tombent et tout s’accélère jusqu’à l’issue finale, assez surprenante.

Au final, A la vie, à la mort est un solide thriller psychologique, comme je les aime. Il parvient à nous happer, à nous tenir en haleine, à nous questionner, jusqu’au bout, et cela grâce à la plume, agréable et captivante, de Colette BcBeth. Les personnages sont travaillés, la relation entre Rachel et Clara est complexe, les apparences sont parfois trompeuses, etc. Nous cherchons à savoir qui est qui car l’auteure parvient à nous égarer, à remettre en question nos certitudes sur le rôle de chacun. Ce livre n’est pas un coup de cœur, mais presque. Je l’ai terminé hier soir et pourtant son atmosphère, glaçante, me suit encore.

Il est difficile de parler de ce roman sans prendre le risque d’en dévoiler trop, de révéler des éléments essentiels… J’aimerais vous en dire plus, vous développer l’intrigue mais cela gâcherait le plaisir de découvrir ce livre. A défaut de cela, je ne peux que conseiller de le lire.