Mon Eden, Hélène Duvar

Erwan et Eden étaient unis par les liens du sang, partageaient la même date de naissance, même s’ils ne se ressemblaient que très peu. L’adolescent pensait que sa soeur pouvait compter sur lui, qu’elle viendrait lui parler si quelque chose n’allait pas. Pourtant, lorsque sa soeur jumelle se donne la mort, Erwan est bien incapable de comprendre son geste, d’autant qu’Eden ne laisse aucune lettre. Il souffre terriblement, s’éloigne de ses parents, des ses amis. Plus rien n’a de sens pour lui et la culpabilité le terrasse. Et puis, il trouve le journal intime d’Eden et, au fil des pages, commence à redécouvrir sa soeur, sa moitié.

Mon Eden est roman poignant, bouleversant, difficile, mais sans doute nécessaire. Il y est question d’adolescence, de ses questionnements, de ses tourments. C’est une période riche en changements : le corps se transforme et avec lui le regard des autres, les hormones sont en ébullition, les relations changent. Chacun évolue mais différemment ; chacun traverse cette période avec plus ou moins de difficultés. Parfois, trop souvent, un adolescent préfère se donner la mort plutôt que continuer à vivre. Qu’en est-il de ceux qui restent ? De ceux qui ne voient pas le mal-être de l’autre ? De ceux qui ne comprennent pas le geste de l’être perdu et aimé ? Mon Eden parle aussi de cela, de ceux-là. A travers Erwan, l’autrice retrace le cheminement, le deuil, de celui qui vit. Comment se reconstruire lorsque le geste est incompréhensible ? Comment se pardonner ? Comment faire son deuil ?

Pour parler de tout cela, Hélène Duvar mêle au récit d’Erwan des pages du journal intime d’Eden mais aussi des articles dans lesquels il est question du suicide des adolescents et du deuil de ceux qui restent. Ces textes parsèment le récit et le rendent encore plus réaliste, d’autant que le deuil d’Erwan nécessite chacune des étapes qui y sont mentionnées. Le chemin est long et difficile, mais pas impossible. Nous découvrons, aussi, ce qu’Eden ne disait pas à son frère : ses sentiments, le harcèlement qu’elle subissait, la pression, l’isolement, la violence des relations entre adolescents. Ainsi, nous comprenons le geste d’Eden, même si certaines questions resteront éternellement sans réponse.

Un roman de prévention qui pourra aussi aider ceux qui en ont besoin.

 

Mon Eden, Hélène Duvar,
Editions Le Muscadier (Rester vivant), 27 juin 2019,
216 pages,
13,50€

Un commentaire sur « Mon Eden, Hélène Duvar »

  1. Je suis sans doute mal placée pour donner mon avis sur ce livre car je connais l’autrice. Mais le seul résumé suffit à me laisser penser à une histoire forte et essentielle car l’adolescence est un moment difficile de la vie. Je suis curieuse de découvrir la plume d’Hélène désormais… 🙂

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