Héros secondaires, S.G. Browne

Lloyd et ses amis sont de gentils losers mais aussi des cobayes professionnels. Malgré les risques d’effets secondaires – nausées, migraines, convulsions, diarrhées, et j’en passe – ils testent des médicaments contre rémunération car cette activité est plutôt lucrative et ne demande pas trop d’efforts. Entre deux tests de médicaments, ils se réunissent autour d’un verre, d’une partie de poker ou d’échecs. Parfois, ils jouent à « Hé, doc’, c’est quoi ce médoc ? » comme on jouerait à « Pierre, papier, ciseau ». Il faut dire qu’après avoir testé des antalgiques génériques, des traitements pour le coeur, des antidépresseurs, des médicaments contre l’hyperactivité ou contre la schizophrénie, ils s’y connaissent plutôt bien en médicaments et en effets secondaires. Mais, après une énième exposition à des molécules expérimentales, le petit comité se découvre des particularités peu communes. L’un peut endormir ceux qui l’entourent quand les autres peuvent déclencher des vomissements ou encore des crises d’urticaires fulgurantes. Ce ne sont pas les facultés qu’on peut espérer développer, pourtant, forts de ces supers-pouvoirs, nos héros se mettent en quête de lutter contre la délinquance dans les rues de New York.

Héros secondaires est sans nul doute un roman qui critique notre société sur-médicamentée et notamment les Etats-Unis qui autorisent les groupes pharmaceutiques à faire la publicité de leurs médicaments auprès des consommateurs. A travers ces cobayes de l’industrie pharmaceutique, il y a aussi une critique de l’ensemble des travers de la société dans laquelle nous vivons. Ainsi, l’auteur met en lumière une génération perdue, qui peine souvent à trouver sa place.

S.G. Browne est parfois tendre, souvent mordant. Il use certes de l’humour, mais n’épargne pas ses personnages, les poussent à s’interroger, se dépasser. Il nous oblige, nous aussi, à prendre conscience de la réalité, sans jamais tomber dans le discours moralisateur.

Un roman bourré d’humour et un peu déjanté mais qui soulève des problématiques sérieuses. A découvrir !


Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par : Morgane Saysana
Editions : Agullo
Collection : Fiction
Date de parution : 05 octobre 2017
Nombre de pages : 352 p.
Prix : 21,70€
Présentation de l’éditeur


S. G. Browne vit à San Francisco. Avant de se consacrer à l’écriture, il a travaillé durant quelques années à Hollywood. Aujourd’hui, il a déjà fait paraître plusieurs romans noirs humoristiques, dont Heureux veinard à la Série Noire en 2012 et le diptyque Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l’amour et Le jour où les zombies ont dévoré le Père Noël aux éditions Mirobole. La Destinée, la Mort et moi, comment j’ai conjuré le sort a été publié en Grande-Bretagne, Brésil, Allemagne, Italie et Turquie. (Source)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s